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Rédigée par :
Date d'actualisation :
Validée par :

Karine
05/05/2007
Dr Altuzarra

 

DIFFICULTES D'ALIMENTATION ET DE DEGLUTITION

 

 

Au quotidien, l'alimentation peut présenter des difficultés, que l'on soit concerné par une maladie affectant directement les possibilités d'avaler, ou par une gêne pour porter les aliments en bouche. Par leur retentissement possible sur les différentes phases de l'alimentation, et particulièrement la déglutition, un certain nombre d'affections responsables de handicap moteur sont sources de telles difficultés.

 

Les fausses routes :

Elles correspondent à un mauvais trajet des aliments, qui passent vers les voies aériennes et non pas seulement dans l'œsophage. Du fait des risques de séquelles (problèmes pulmonaires de plus en plus importants, accidents mortels), les fausses routes doivent impérativement être corrigées. Elles sont de deux types :

Le reflux : (ou reflux gastro-oesophagien)

C'est la remontée du bol alimentaire ou des sécrétions digestives depuis l'estomac. C'est un des éléments qui conduit à un inconfort persistant, une perte de poids, quelquefois une déshydratation.

En fonction du/des trouble(s), on peut agir sur :

L'installation :

Eviter toute hyperextension de la tête soit en maintenant le patient par la main ou le coude à l'arrière de la nuque pour l'aider à fermer son pharynx, soit en préconisant une installation avec cale-nuque sur coquille ou fauteuil.

En cas d'hypotonie, soutenir le menton et ne jamais prendre appui sur le front pour relever la tête (risque de fausses routes).

Le matériel :

Pour les nourrissons et jeunes enfants, on peut s'aider de biberons à paille ou coudés.

Pour les enfants et adolescents, on peut avoir recours :

  • pour les aliments solides : à une cuillère en métal recouverte de plastique (solide et non agressive)
  • pour les liquides : à un verre toujours suffisamment rempli pour ne pas faire mettre la tête en arrière, ou à une bouteille à pipette. On peut aussi utiliser un épaississant (poudre à froid Magic-mix®).

 

Un grand nombre d'aides techniques existent qui aideront à porter les aliments en bouche : couverts à manche adapté, assiettes à rebord qui permettront de charger plus facilement les couverts, embases anti-dérapantes, verres ou gobelets de forme adaptée (pas seulement les célèbres "canards" !), feeders (supports de bras animés) quand la force musculaire est défaillante, etc. Leur choix sera facilité par le recours à un ergothérapeute, voire à un centre de conseils.

Le déroulement du repas :

Les gestes en cas d'urgence

Il peut arriver que, malgré l'adaptation de la texture des aliments et les positions favorisant un bon cheminement des bouchées, certains aliments pénètrent dans les voies aériennes. On peut alors réaliser des gestes simples permettant de rétablir une respiration efficace.

La libération des voies aériennes peut s'effectuer de plusieurs manières.

En cas de fausse-route peu importante (toux survenant après une bouchée, sans blocage respiratoire) :

Les efforts de toux peuvent éliminer les fragments alimentaires ou les gouttes de liquide arrivant à proximité des cordes vocales ou dans les voies aériennes. Pour ceux qui ne peuvent pas tousser efficacement ou pour compléter la toux, les gestes de kinésithérapie permettant d'accélérer la sortie d'air des poumons (expiration) peuvent également aider.

Si ces incidents se répètent,

il faut être vigilant quant à la survenue d'une infection respiratoire, nécessitant alors la prescription d'antibiotiques, voire de séances de kinésithérapie respiratoire.

Une infection persistante

du poumon peut nécessiter la recherche par fibroscopie d'un débris alimentaire.

En cas de blocage respiratoire complet,

il faut pratiquer immédiatement les gestes de la manœuvre de Heimlich, dont il existe quatre variantes, selon la situation.

Les variantes de la manœuvre de heimlich :

Pour un adulte debout,

le sauveteur se place debout derrière lui, place l'un de ses poings fermé entre l'ombilic et le bas du sternum, empaume de son autre main son poing. Il tire alors vivement en arrière ses deux mains, comprimant rapidement le ventre à plusieurs reprises de façon à provoquer une expiration rapide, jusqu'à ce que les voies aériennes soient libérées (fig 3.1 à 3.3).

Si le sauveteur découvre la personne allongée,

voire inconsciente, sans que le bouche à bouche n'arrive à faire pénétrer de l'air dans ses poumons, on installe rapidement la personne allongée sur le dos et on se place à cheval sur elle. Assis au niveau de la ceinture de la personne, il peut appuyer vivement avec les poings, verticalement, de façon à réaliser la même manœuvre que dans le cas précédent.

Pour une personne seule, pouvant se lever,

la manœuvre peut être réalisée en se plaçant derrière le dossier d'une chaise, en se penchant en avant et en appuyant vivement le ventre sur le dossier de la chaise.

Pour un petit enfant ou un bébé,

il est nécessaire de le placer à plat ventre sur les genoux du sauveteur (ou sur son avant-bras pour un bébé). Une ou plusieurs "claques" entre les omoplates peuvent ébranler l'air contenu dans les poumons et déplacer le corps étranger jusqu'à permettre la reprise de la respiration.

   

Avant ces manœuvres, il faut penser à retirer l'éventuel appareil dentaire.

Après ces manœuvres, il est possible d'aider la personne à éliminer la bouchée en introduisant un doigt dans sa bouche pour extraire les débris d'aliments.

 

 

En cas d'accident grave :

il faut, dès que possible, prévenir ou faire prévenir un service d'urgences (numéro 15, pompiers, SAMU, SMUR) en indiquant clairement l'adresse complète (ville, nom de la rue, numéro dans la rue, étage), le numéro de téléphone de l'appelant et la nature de l'accident.

 

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